Dérives



[postlink] https://99ommedia.blogspot.com/2013/02/derives_13.html [/postlink] http://www.youtube.com/watch?v=9iZdAdczrGk?theme=dark&showinfo=0&source=uds


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« Dérives. Un long métrage. Un travail de moines. De moines guerriers. 
Un document essentiel sur la pluie de coups qui a tenté d'éteindre les feux du printemps. 
Un documentaire sur l'incroyable répression policière, brutale et gratuite, qui est un crime encore impuni.»  - Jean Barbe



Dérives, une contribution à la mémoire collective où des étudiantEs, des professeurEs, des militantES, des mères et une infirmière s'interrogent sur la légitimité des actions policières pendant le Printemps érable et les effets du discours médiatique qui les banalise. De 1990 à 2010, le mouvement étudiant a fait l'objet de plus de 1000 arrestations. En 2012, en 6 mois seulement, ce chiffre a été multiplié par 3.


Dérives, c’est aussi une réflexion sur les causes de ces dérapages, présents bien avant la grève étudiante et qui se poursuivent toujours. À travers le fil de ces témoignages se pose une question centrale : ces dérives sont-elles le fruit d'une culture, alimentée par le pouvoir politique, que seule une commission d'enquête publique et indépendante pourrait mettre à jour ? Car loin d'être des cas isolés, ces abus et manipulations, socialement toxiques, sont symptomatiques de graves dérives institutionnelles.


Ce film est dédié aux arrêtéEs et aux blesséEs du conflit.

Notre contribution à la mémoire collective :

DÉRIVES - Les entrevues intégrales 




«Jean-François Nadreau: un an de silence» 

Cette vidéo présente, en version longue, des entrevues réalisées avec Josiane Millette Roger et David Gaudreault pour le long-métrage documentaire DÉRIVES.


Voici le texte que la famille a rédigé spécialement pour accompagner ce vidéo:

Le 16 février 2012 entre 7h45 et 8h00 le matin, Josiane Millette Roger, la conjointe de Jean-François Nadreau, qui sera abattu par un agent du SPVM, appelle le 911.. car Jean-François s’était infligé des blessures au bras. « Jamais personne ne m'a demandé si nous étions en danger, mais nous ne l'étions aucunement. Nous avions extrêmement peur pour lui. Jean-François était allongé dans le cadre de porte de la salle de bain, il saignait beaucoup, et attendait des secours ambulanciers. » Malheureusement ce ne sont pas les ambulanciers qui seront dépêchés les premiers, mais la police, pour assurer la sécurité des lieux. Car Jean-François avait un casier judiciaire pour possession d'un taser, donc une arme prohibée.

Dix minutes plus tard, en entendant des secours arriver, il s'est levé du plancher et est allé voir qui se trouvait à la porte. Alors qu'il fallait évidemment baisser la tension et envoyer les premiers soins, cinq policiers sont entassés dans le couloir de l'entrée. Cinq policiers déjà en position d'attaque. En les voyant agir ainsi, nous ne connaissons pas les pensées exactes de J-F mais nous savons qu'il a pris une arme de collection, une machette, et a avancé en disant: « Partez d'ici »! Puis, il s'est immobilisé à quelques mètres des policiers. C'est là qu'un des cinq policiers l'a abattu d'un coup de feu au thorax.

Le pire pour nous tous, la famille, c'est de savoir qu'il n'allait pas bien, qu'il n'était pas dans son état normal, mais que c'était la première fois qu'il l'exprimait clairement et que jamais nous ne pourrons lui en parler. Qu'il y aurait d'autres façons d'intervenir pour protéger tout le monde, d'autres alternatives que de tirer sur un homme qui tente de se suicider et qui attend les secours. Il est tout à fait possible de parler, de rassurer ou même d'immobiliser la personne en détresse sans lui enlever la vie. Il y a plein d'autres façons de faire. Il ne faut pas que les vies continuent à être détruites; personne ne devrait être victime d'un tel drame, personne ne mérite cela. Surtout pas Jean-François, qui était un jeune homme patient, calme et toujours à l'écoute, plein d'empathie et d'amis. Qui était le père dévoué d'une petite fille de 8 ans et considéré comme le deuxième père (surnommé Pimpon) de sa demi-sœur de 12 ans.

 La perte de Jean-François Nadreau nous a laissé un grand vide et les souvenirs de sa personne nous inspirent au quotidien.


Les amis et famille de Jean-François Nadreau


Le 13 novembre 2012, 51 organismes se sont regroupés pour exiger  une commission d'enquête publique sur le travail policier lors de la grève étudiante de 2012. 


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